De Wever plie sous la pression de Bouchez ? De Wever 0 – Bouchez 1 ?

La hausse de la TVA semble pour l’instant écartée, c’est ce que les journaux nous laissent à penser. Bart De Wever donnerait ainsi raison à Georges-Louis Bouchez. Mais faut-il pour autant croire que le gouvernement a renoncé à son projet ? Rien n’est moins sûr. Selon les jours, soit le seul budget 2027 est sur la table, soit on serait toujours sur un budget pluriannuel. Une chose est certaine : d’autres mesures sont déjà dans les cartons. Pendant ce temps, les travailleurs, les allocataires sociaux et les services publics continuent de subir les conséquences des choix politiques.

 

Que devons-nous retenir de cette séquence ?

Qu’il s’agisse du budget 2027 seul ou celui 2027/2029, d’autres tours de vis seront encore nécessaires, nous dit le gouvernement. C’est donc reculer pour mieux sauter.

Là où la FGTB propose un plan B, un plan qui peut rapporter des milliards de manière récurrente et régulière, sans faire peser le poids des efforts sur les travailleurs et les allocataires sociaux, le gouvernement fait du surplace.

Penser que De Wever a perdu la partie, c’est quand même oublier tout ce qu’il a déjà obtenu jusqu’à présent en matière de dérégulation : une réforme de l’État qui ne dit pas son nom, en renvoyant les exclus du chômage vers les CPAS ; une hyperflexibilité de la relation de travail et des conditions de travail ; un index plafonné ; des coupes dans les services publics et dans la sécurité sociale.

Ne pensons donc pas qu’il n’a rien obtenu. Il n’a rien obtenu cette fois-ci ! Mais le jeu n’est pas terminé.

Qu’est-ce qui reste encore dans les cartons du gouvernement ?

Lors de l’annonce des 1 217 licenciements chez GSK, qu’ont dit les ministres régionaux et le ministre fédéral de l’Emploi à propos des dossiers du moment ? Il a clairement été indiqué que l’indexation des salaires contribuait à la situation chez GSK. Toujours le fameux déficit de compétitivité…

Le feu n’était pas encore éteint autour de la TVA que le MR rallumait déjà celui de l’indexation des salaires. Ne nous y trompons pas : c’est bien d’un jeu politique qu’il s’agit. On met l’augmentation de la TVA sous le tapis pour l’instant, afin de rebondir sur d’autres mesures asociales ! Des mesures tout aussi dangereuses et tout aussi graves pour l’avenir des travailleurs et des allocataires sociaux.

Nous ne sommes pas dupes. Si le gouvernement recule sur certains points, c’est aussi parce qu’il ne peut pas faire sans entendre la colère de la rue.

Si le MR s’est récemment opposé aux augmentations de TVA, rappelons que les organisations syndicales défendent depuis toujours une position forte sur cette question. Si le MR tient ce genre de propos, c’est simplement pour essayer de récupérer un électorat qu’il sait fuyant depuis des mois déjà.

Les sondages sont clairs : leurs mensonges sur les 500 € par mois en plus, le MR est en train de les payer cash.

Au passage, c’est sympathique si les organisations syndicales disent la même chose que le MR. De quoi essayer de brouiller les cartes !

Au MR, c’est de l’opportunisme plus que du bon sens politique. Son leitmotiv reste de diminuer les dépenses publiques, et non d’augmenter les recettes. Bref, taper dans la sécurité sociale et dans les services publics, tout en rapportant toujours plus aux riches.

Ce qu’ils n’obtiendront pas au moyen d’une mesure asociale, ils l’obtiendront par une autre. Ce sont des dogmatiques qui détruisent et ne construisent rien en matière de progrès social.

Alors, ne lâchons rien !

À l’heure où les budgets, tant en Région wallonne qu’en Région flamande, se traduisent par des régressions sociales, les exemples ne manquent pas.

On parle de toucher aux allocations familiales en Flandre. On renchérit le coût des titres-services, tant en Flandre qu’en Wallonie. On rend les transports en commun plus chers en Wallonie. On renchérit le coût du minerval. On fait peser sur les communes le poids des exclusions du chômage décidées au niveau fédéral. On met en place des mécanismes qui vont appauvrir les travailleurs à temps partiel, singulièrement les femmes. On assèche les services publics.

Ne lâchons rien !

Il y a quelques heures, c’était la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté.

Jamais autant de jeunes n’ont été précarisés. Jamais autant de travailleurs isolés n’ont été précarisés. Jamais autant de travailleurs à temps partiel n’ont été précarisés. Jamais autant de femmes n’ont été financièrement dépendantes d’un conjoint parce que leur travail ne leur permet pas de vivre de manière autonome.

Que dire des pensionnés, dont l’unique perspective est d’obtenir un flexi-job pour pouvoir vivre, et non pas survivre ?

C’est cette société que le gouvernement construit pas à pas, jour après jour. Une société de dérégulation et de reculs sociaux.

Et quand une entreprise bénéficiaire comme GSK propose de licencier 1 217 personnes, ce gouvernement remet l’indexation des salaires sur la table et continue de couvrir des entreprises qui se sont enrichies grâce à diverses formes de subsides salariaux. Des subsides qui sont pratiquement allés directement dans les poches de leurs actionnaires.

Nous ne voulons pas de cette société. Nous n’en voulons pas aujourd’hui, nous n’en voudrons pas demain.

Restez à l’écoute de vos délégués et restez mobilisés : la lutte contre l’Arizona continue !

Nos lignes rouges sont claires. Il n’y aura peut-être pas d’augmentation immédiate de la TVA, mais il n’est pas question non plus de toucher à l’indexation des salaires !

Une autre société est possible et payable.

Nous avons des alternatives. Il n’y a pas de fatalité, juste d’autres choix politiques !

Consultez l’article « Plan B » de la FGTB : https://fgtb.be/Plan-B 

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