Voulez-vous devenir membre ?

Le SETCa, affilié à la FGTB, a pour vocation de défendre et de promouvoir les intérêts de ses membres tout en affirmant son engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, le respect des convictions de chacun, son refus de toute influence extérieure ou d’ingérence linguistique, philosophique ou religieuse, ainsi que son autonomie totale à l’égard des partis politiques.

Le SETCa n'accepte ni les idées ni les comportements racistes, xénophobes ou fascistes. L'adhésion à des partis ou des mouvements d'extrême droite est incompatible avec l'affiliation au SETCa.

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter et restez informé des dernières nouvelles!

S'inscrire

L’indexation dans l’œil du cyclone

30/03/2026 | FR / NL

Il y a quelques semaines, le gouvernement décidait d’un saut d’index dit « light ». Pour faire simple, il s’agissait d’un index plafonné à 4.000 euros bruts de revenus du travail et à 2.000 euros pour les allocations sociales. Présenté comme une mesure simple, ce mécanisme était en réalité tout sauf simple, et encore moins juste et équitable.

Une stratégie : rendre tout incompréhensible

Depuis quelque temps, une méthode semble s’imposer. Elle consiste à brouiller les pistes et à rendre les législations toujours plus complexes. Les accords politiques débouchent sur de véritables usines à gaz, ou, pour reprendre l’expression de Bart De Wever, sur des « chameaux puants ». La réforme des pensions en est un exemple frappant. Entre les périodes assimilées et les effets rétroactifs de certaines dispositions, les citoyens ne savent plus précisément quels seront leurs droits. On peut dès lors légitimement se demander si le principe selon lequel nul n’est censé ignorer la loi a encore un sens lorsque celle-ci devient illisible pour la grande majorité. Le feuilleton autour de la TVA sur le take-away illustre également cette dérive.

Un Gouvernement rattrapé par la réalité

Ces derniers jours, le gouvernement a été rattrapé par la réalité. Sous les critiques du Conseil d’État, du Bureau du Plan, des interlocuteurs sociaux trop souvent ignorés, de l’opposition parlementaire et de la mobilisation de la rue, le Gouvernement a dû reporter une série de mesures. Parmi celles-ci figurent le saut d’index « light », certaines réformes des pensions ainsi que plusieurs dispositions visant à flexibiliser davantage le marché du travail. Il est bon de rappeler que nous vivons dans un État de droit et que modifier des lois implique de respecter des étapes et des principes. Il est regrettable qu’il faille en arriver à des recours ou à des menaces pour être entendu.

Pas de saut d’index ? Le cadeau empoisonné 

Dans le même temps, les tensions géopolitiques provoquent une hausse des prix de l’énergie et des carburants, avec des répercussions en cascade sur l’ensemble des biens de consommation. Dans ce contexte, certaines vieilles recettes refont surface. Le saut d’index « light » est critiqué mais la réponse avancée par une partie de la droite consiste à proposer un véritable saut d’index, plus simple à mettre en œuvre, mais dont les effets grèveront les revenus de toute notre carrière. Le CD&V et le MR ont rejeté l’idée du saut d’index, mais il faut toujours se méfier quand les partis de droite avancent cela.

La proposition défendue par le président du MR : pas de saut d’index et un cliquet inversé sur les prix des carburants. L’idée défendue par le libéral est une forme d’indexation réservée aux seuls travailleurs, excluant les allocataires sociaux. Le principe sous-jacent est d’accentuer l’écart entre ceux qui travaillent et ceux qui seraient supposés « profiter » du système. Appauvrir les allocataires sociaux ne rendra pas les travailleurs plus riches.

L’index « formule Bouchez » serait un index net en pratique. Le travailleur percevrait donc l’indexation de 2 % en net sans que l’employeur doive payer quelque chose au-delà de ce net.

En gros, si le travailleur reçoit 20€, cela coute 20€ à l’entreprise.

Le grand vainqueur est l’employeur qui épargne le précompte professionnel et les cotisations de sécurité sociale sur les 2% d’indexation. Le travailleur touche la même chose que maintenant mais comme son brut n’augmente pas, il touchera moins de pécule de vacances, moins de prime de fin d’année, sa rémunération quand il sera malade sera moindre et sa pension aussi et ce tout au long de sa carrière. La perte s’accumule au cours du temps. Coté Etat, la sécurité sociale a un réel préjudice et le financement des services publics aussi. 

Avec la formule Bouchez, l’avantage va entièrement à l’employeur, tandis que le travailleur y perd à tous les niveaux. C’est la triple peine pour les travailleurs : 

  1. les prix continuent d’augmenter ;
  2. le salaire net évolue à peine ;
  3. la sécurité sociale et des services publics sont déforcés. 

Un Etat obèse ?

Obèse, c’est le mot utilisé à dessein par les politiques, ce mot culpabilisateur, grossophobe, méprisant, qui nous laisse à penser que l’Etat serait malade... Au-delà du terme mal choisi,  plusieurs éléments sont systématiquement oubliés. Le tax shift, qui est intervenu il y a quelques années, a réduit les cotisations sociales et l’impôt des sociétés sans aucune compensation pour les finances publiques. Un saut d’index a déjà été imposé sous le gouvernement Michel. De nombreuses mesures ont contribué à réduire les marges de manœuvre de l’État. Dans ce contexte, parler d’un État obèse,  trop dépensier relève d’une lecture pour le moins partiale.

Il est impossible de soutenir ce discours face à la réalité vécue sur le terrain. Il faudrait expliquer à un enseignant qu’il doit travailler davantage pour le même salaire, à des élèves qu’ils doivent accepter des classes surchargées, à des patients que l’accès aux soins devient plus difficile, ou encore à une caissière Cora à temps partiel qu’elle sera exclue du chômage et qu’elle ne pourra plus prétendre à une pension anticipée.

Une politique qui creuse les inégalités

Les orientations défendues aujourd’hui contribuent à creuser les inégalités et à stigmatiser les personnes les plus précarisées. Il n’y a que la droite extrême pour laisser sous-entendre constamment que ces personnes feraient de la précarité un choix de vie. 

La politique portée notamment par Georges-Louis Bouchez s’inscrit dans cette logique. Elle accentue les divisions, fragilise les solidarités et privilégie systématiquement les intérêts du capital et des actionnaires. La question de la création d’emplois ou du partage du travail reste absente, tout comme celle d’une fiscalité plus juste. L’accent est mis sur la réduction des dépenses publiques, au détriment de l’accès aux services essentiels et de la sécurité sociale.

Un dernier exemple permet de mesurer concrètement les enjeux. Peut-on sérieusement penser qu’un travailleur à temps partiel, ou plus largement une personne avec un revenu modeste, est systématiquement propriétaire de son logement ? Peut-il facilement financer des travaux d’isolation ou changer de mode de chauffage ? Pour ces personnes, les véritables remparts contre la précarité restent la sécurité sociale, des services publics de qualité accessibles à tous et l’indexation automatique des salaires et des allocations.

Fragiliser ces protections, c’est accentuer les inégalités et exposer une partie de la population à des conditions de vie indignes. C’est aussi nourrir les tensions sociales, à l’opposé de ce que devrait être une société moderne et civilisée. Le problème n’est pas un État qui disposerait de trop de moyens, mais bien un État qui en manque. Dès lors, la réponse ne réside pas dans la réduction des dépenses, mais dans une augmentation des recettes. Cela passe par le maintien de l’indexation des salaires, par une fiscalité plus juste et plus progressive, ainsi que par la création d’emplois de qualité plutôt que leur suppression.

Notre choix de société

Il est possible de défendre une autre vision de la société. Une société dans laquelle chacun a sa place, où la dignité est garantie et où les richesses sont réparties de manière plus équitable. Ce projet est réaliste et finançable. Il repose sur des choix politiques clairs. 

Défendre la sécurité sociale, défendre les services publics, défendre la concertation sociale, défendre l’indexation des salaires sont les bases, les pierres angulaires d’une société juste où il fait bon vivre. Chaque remise en cause, sera combattue par nous !

Rappelons-nous constamment que jamais l’extrême droite n’a été porteuse de progrès social, elle reste le terreau de la violence et des inégalités ! Il n’y a pas un jour où nous devons baisser la garde.

Nous, le SETCa, nous choisissons le projet progressiste ! Nous voulons d’une société où chacun à sa place, où chacun vit dignement et dans le respect de tous. Ensemble, on est plus forts !

Nous avons réalisé des brochures utiles à la suite de cet article : 

  • une brochure sur l’index ;
  • « Ne perdons pas la boussole » qui met en avant notre quatre points cardinaux de la société (sécurité sociale, concertation sociale, indexation des salaires et libertés syndicales).