En 2025, nous avons déjà mené de nombreuses actions contre le gouvernement Arizona. Elles ont déjà donné quelques résultats, mais le combat est loin d’être fini.
Après les actions provinciales de février, nous descendrons à nouveau dans la rue contre ce gouvernement antisocial le 12 mars. Cette manifestation intervient juste avant le contrôle budgétaire qui risque à nouveau d'éroder notre pouvoir d'achat plutôt que de se tourner vers les épaules les plus larges.
Pourquoi une action ?
Nous pourrions écrire des pages entières sur les raisons pour lesquelles il est important de nous opposer à ce gouvernement. Nous vous donnons ici les principales mesures qui toucheront à peu près tout le monde.
Saut d'index
Le gouvernement Arizona appliquera un saut d'index « light » en 2026 et 2028. Mais ce saut n'est pas si léger que cela. Les personnes qui gagnent plus de € 4.000 bruts ou qui reçoivent une pension ou une allocation de plus de € 2.000 ne bénéficieront pas d’une pleine indexation à deux reprises.
Si vous gagnez moins de € 4.000 ou si vous avez droit à une allocation inférieure à € 2.000, rien ne changera. Si vous gagnez plus, votre salaire ou votre allocation ne sera indexé(e) que sur la partie allant jusqu'à respectivement € 4.000 ou € 2.000 bruts.
Une ligne rouge a été franchie ! Ne vous méprenez pas, on parle de montants bruts. Près de la moitié des travailleurs ressentiront ce saut d’index.
De plus, cette perte se répercutera tout au long de votre vie, puisque lors de l’indexation « complète » suivante, vous aurez un salaire inférieur à celui prévu. Cette perte de revenus pourra facilement atteindre des dizaines de milliers d'euros.
Toujours plus de flexibilité
Le gouvernement Arizona veut rendre l’ensemble du marché du travail aussi flexible que possible aux dépens des travailleurs. Les grandes fortunes et les entreprises, elles, sont laissées tranquilles. Ainsi, la durée de travail minimale pour les contrats à temps partiel sera réduite, passant d’un tiers à seulement un dixième d’un contrat à temps plein. Les contrats n'offriront dès lors plus de sécurité de revenu. Ce sont surtout les travailleurs à temps partiel qui en pâtiront. Il deviendra impossible de faire des projets, et encore plus difficile de combiner un emploi avec une famille ou un deuxième emploi.
Le nombre d’heures supplémentaires dites « volontaires » passera à 360 heures par an, dont 240 pour lesquelles le brut équivaudra au net. Ces heures ne sont pas prises en compte pour la limite interne et constituent donc un allongement pur et simple de la durée de travail.
Dans différents secteurs tels que la distribution et les secteurs connexes comme le commerce électronique, il est question d’élargir le travail de nuit. De plus, la définition devient plus stricte : il ne s'agira plus de travail de nuit qu’à partir de 23h au lieu de 20h. En théorie, tous ceux qui bénéficient actuellement d'une prime de nuit la conserveraient, mais cela ne s'applique pas aux nouveaux travailleurs. La pression pour renoncer aux primes sera forte.
Le plafond fiscal pour les flexi-jobs est relevé et sera désormais indexé. Dans la pratique, les flexi-jobs restent des contrats zéro heure, sans garantie de revenu, et constituent une perte de rentrées pour la sécurité sociale. Cela crée donc une concurrence déloyale entre collègues au travail.
L’annualisation du temps de travail permet, via un accord individuel, de travailler jusqu’à 12 heures par jour et 50 heures par semaine. Cela signifie que votre durée de travail moyenne est examinée sur une période d'un an. Les heures complémentaires ne donneront dès lors plus lieu à des augmentations de contrat. Les travailleurs deviennent ainsi totalement dépendants des besoins de l’employeur.
Sécurité sociale et maladie
La sécurité sociale perd de nombreuses rentrées à cause des mesures de ce gouvernement. L'augmentation du travail étudiant et des flexi-jobs nous coûterait environ € 1,5 milliard. Dans le même temps, les citoyens ordinaires doivent soudain payer des médicaments qui étaient auparavant gratuits et les malades sont traqués.
En effet, dès 2026, en cas de rechute, vous n'aurez à nouveau droit au salaire garanti que huit semaines après avoir repris le travail. Actuellement, c’est déjà le cas après 14 jours. Un beau cadeau pour les employeurs et un coût supplémentaire pour la sécurité sociale.
Le licenciement pour force majeure médicale sera possible dès six mois au lieu des neuf mois actuels. En des contrôles et des sanctions plus stricts suivront, y compris pour les médecins et les mutualités.
Être malade est pourtant un droit. Personne ne choisit d'être malade et vous n’avez pas la mainmise sur votre santé.
Ce gouvernement ne mise que sur les sanctions, nous ne voyons pas de véritables solutions pour remettre les gens au travail.
Et à la fin de votre carrière ?
Avec l’Arizona, les travailleurs ne sont pas encouragés à travailler plus longtemps, ils y sont contraints.
L'accord de gouvernement prévoit un accès plus strict aux régimes de fin de carrière. Le crédit-temps restera possible à partir de 55 ans, à condition de pouvoir justifier d'au moins 30 ans de passé professionnel. Cette durée passera progressivement à 35 ans d'ici 2030. Seules les années comptant au moins 156 jours travaillés seront prises en compte dans le calcul. Pour de nombreux travailleurs, ces conditions seront plus difficiles à remplir. Lever le pied en fin de carrière? Oubliez.
Quelle alternative reste-t-il à un travailleur âgé s'il s'avère que le rythme actuel n’est pas tenable ?
Heureusement, grâce à nos actions précédentes, nous avons obtenu que davantage de jours assimilés soient comptabilisés, de sorte qu’il est mieux tenu compte du parcours individuel des travailleurs et qu'ils ne sont pas punis deux fois. L'action paie. C'est pourquoi nous allons à nouveau manifester.
Nos revendications
- Un travail faisable, un index non « bidouillé », c’est plus de pouvoir d'achat et du respect pour la concertation sociale ;
- Des fins de carrière correctes. Finir sa carrière épuisé et malade n’est pas le modèle de société dont nous voulons ;
- Une flexibilité négociée collectivement donc supportable et encadrée ;
- Des pensions accessibles à tous et qui permettent de vivre et où les accidents de la vie sont assimilés à du travail ;
- Une contribution fiscale équitable des épaules les plus larges. Plus de progressivité de l’impôt et moins d’ingénierie fiscale ;
- Une sécurité sociale renforcée qui réponde à nos besoins. Stop aux réductions ONSS non liées à la création d’emploi ;
- De vrais emplois pas des flexi-brol !
Nous en avons plus qu'assez de cette politique du gouvernement Arizona. Des alternatives existent. Rendez-vous le 12 mars 2026 à Bruxelles pour une manifestation nationale. Les informations pratiques suivront.

